Union socialiste des forces populaires: Commission du programme électoral Volet social

Dans une rétrospective de la littérature éducative universelle, notamment dans les époques modernes et les sociétés contemporaines, il ressort que l’éducation et l’enseignement se révèlent être le pilier du progrès dans tous les domaines et en tout état de cause le titre de la prospérité civilisationnelle et de la libération humaine. Les expériences humaines en Occident de même qu’en Orient développé (la Chine, le Japon, la Corée du Sud, Singapour) ont montré que la promotion de l’enseignement avait toujours constitué le facteur principal à même d’enrayer le sousdéveloppement et d’intégrer le club des pays avancés. Ces mêmes expériences ont également montré que l’échec des politiques de l’enseignement dans les pays en voie de développement est et restera indéniablement l’obstacle principal qui entrave la progression de l’homme et de la société.

C’est pour cette raison que l’USFP a toujours estimé que la question de l’enseignement devait être au cœur de son combat pour la libération, la démocratie et le développement depuis sa naissance, particulièrement depuis le congrès exceptionnel de 1975. C’est ainsi que l’enseignement s’est avéré une avant garde essentielle du militantisme de même qu’il s’est érigé en préoccupation fondamentale de tous les Ufpéistes, hommes et femmes dont certains ont largement contribué à l’analyse de la situation de l’enseignement et de l’éducation et à émettre des propositions d’options propices. Leur travail a concerné, là-dessus, la lutte pour le droit de tous les Marocains à l’enseignement et la formation sans distinction territoriale ou sociale. Il faut rappeler, à ce propos que l’USFP est fermement attachée à la gratuité de l’enseignement en tant que droit du peuple marocain et qu’engagement contractuel de la part de l’état envers la société. Le parti affirme que l’effacement des disparités sociales passe par l’égalité des chances dans l’enseignement pour permettre aux enfants du peuple d’acquérir les outils de la connaissance de la même manière, tout en adoptant les programmes et les démarches qui favorisent l’appropriation des mécanismes de la culture rationnelle et critique et la mise à la disposition des nouvelles générations les outils et les clefs de leur adhésion à la révolution scientifique actuelle et future.

Par ailleurs, il convient de souligner que les contributions de l’USFP dans le développement de l’éducation ne se sont pas limitées à l’action politique et la revendication de la réforme mais se sont étendues à la participation effective, qualitative et sûre au débat public autour de la question de l’enseignement, au sein de tous les colloques nationaux et à travers toutes les institutions constitutionnelles, sociales et syndicales, en tant que formation de l’opposition mais aussi par le biais des départements gouvernementaux suite à l’avènement du gouvernement d’alternance consensuelle dans lequel l’USFP a eu la responsabilité de la gestion des affaires éducatives pendant une décennie parallèlement à l’action du syndicat national de l’enseignement supérieur et du syndicat national de l’enseignement.

C’est ainsi que le parti a pris part à la préparation et l’application de plusieurs lois-cadres relatives à la réforme du système de l’enseignement et la formation telles la charte nationale de l’éducation formation qui a consolidé la régionalisation par le biais de la loi 07/00 et a posé les fondements de l’autonomie de l’université à travers la loi 01/00 et de la vision stratégique de l’éducation formation et recherche scientifique 2015-2030 pour laquelle a été promulguée la loi cadre 15/17.

Et en dépit de tous les efforts déployés par les gouvernements qui se sont succédés depuis deux décennies, le système éducatif souffre toujours de véritables disfonctionnements dont les répercussions se sont accentuées et ont révélé davantage la vulnérabilité des conditions économiques et sociales, issue de la prolifération de la pandémie de la Covid 19 qui a impacté durement la vie scolaire et universitaire. Ainsi, la situation éducative actuelle avec tous les indices négatifs qui s’en dégagent au niveau de l’apprentissage, la créativité, la recherche scientifique, l’innovation nécessite une nouvelle conception prenant en compte les principes de base de notre culture socialiste démocratique et moderniste, une conception découlant d’une analyse objective et scientifique de tout ce qui est incohérent et qui aspire à la progression de ce système qui permette de relever le défi civilisationnel dans sa globalité. Partant de ce constat, l’USFP avance une perception stratégique intégrée qui puisse garantir l’interaction entre les composantes essentielles du système (l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique) et incarner le processus éducatif aux étapes continues pour le citoyen à vie.

Cette perception nécessite des réformes fondamentales s’appuyant sur les dispositions constitutionnelles et les principes de la justice sociale et la solidarité sociétale. Elle doit être également en mesure de concrétiser les solutions convenables répondant aux problématiques posées aussi bien au niveau de l’encadrement pédagogique qu’au niveau de la gestion administrative et financière mais aussi au niveau de la consolidation des équipements et infrastructures matérielles et numériques.

I- Indices inquiétants freinant la promotion du système :

– La proportion d’accès à l’enseignement primaire ne dépasse guère 50% avec une disparité manifeste entre les mondes urbain et rural à cause de la faiblesse de la demande en milieu rural, notamment en ce qui concerne l’inscription des filles.

– Faiblesse du budget d’investissement dans l’enseignement scolaire public (l’enseignement primaire, l’enseignement secondaire collégial, l’enseignement secondaire professionnel, les classes d’enseignement extrascolaire). Le taux n’en dépasse guère 9% avec un abandon scolaire flagrant dépassant 300 mille départs chaque année.

– Un taux important du phénomène du redoublement (9,8% primaire, 23,6% collégien, 12,8% secondaire professionnel) et également de celui de l’interruption (0,6% primaire, 10,7% secondaire collégien, 9,1% secondaire professionnel).

– Le nombre des étudiants qui accèdent à l’enseignement supérieur demeure très insignifiant, seulement un million 80 mille bacheliers accédant à l’enseignement supérieur et c’est une proportion très faible si l’on tient compte du taux de la population dont l’âge se situe entre 18 et 24 ans, de 17% soit seulement 1 million sur 8 million.

– Une distribution universitaire inégale et non uniforme. En effet, entre 12 universités publiques, une seule région détient 3 universités (Rabat, Kénitra et Fès-Meknès) alors que l’université Ibn Zohr à Agadir dessert 5 régions (SoussMassa, Deraâ-Tafilalet, Guelmim Oued Noun, Laâyoune-Saquia Hamra, Dakhla Oued Eddahab).

– Des cursus multiples provoquant une dispersion de la formation dans l’enseignement supérieur 92% des bacheliers intègrent l’université : 85% s’inscrivent dans les établissements à polarisation ouverte (Facultés des lettres, de droit, des sciences) et n’intègrent les établissements à polarisation limitée que 7% alors que les établissements de la formation des cadres concernant 17 ministères se contentent de recevoir 3%. Le secteur privé, quant à lui accueille 5% dans le cadre de partenariats.

-L’encadrement administratif à l’intérieur des établissements universitaires oscille entre le niveau le plus bat illustré par 14 étudiants pour chaque cadre administratif (Université Mohammed V de Rabat) et la limite la plus élevée de 278 étudiants pour chaque administrateur (université Ibn Zohr d’agadir).

– Faiblesse du financement réservé par l’Etat pour la recherche scientifique qui ne représente que 0,8% du PIB.

II- Une action en deçà du niveau des aspirations

– Absence de portée stratégique uniforme dans la réforme du système éducation et formation et adoption de multiples programmes parfois sporadiques et souvent divergents, sous la pression du souci du traitement urgent et improvisé des problèmes conjoncturels en dehors de toute vision globaliste à long terme.

– Précarité de l’orientation régionale réelle en matière de méthodologie de la réforme éducative et de la gestion du système éducation formation du fait que la politique de l’enseignement manque de mécanismes effectifs fondés sur la consolidation de la décentralisation à même de permettre à l’administration régionale de présenter ses projets locaux spéciaux parmi les objectifs nationaux généraux.

– Absence d’un cadre juridique uniforme et global de l’enseignement élémentaire conjuguée à la difficulté de procéder à un contrôle précis des données statistiques relative à l’enseignement primaire et élémentaire à cause de leurs contradictions selon les sources et la diversité des parties intervenantes (ministère de l’Education nationale 8,5%, ministère des Habous et Affaires islamiques 7,83%, les associations et l’entraide nationale 7,17%).

– Une disparité flagrante quant au respect du cahier de charges relatifs à l’enseignement scolaire privé qui dispose la nécessité de réserver des espaces qui respectent les conditions de la sécurité de l’hygiène et l’enseignement. De même qu’il existe une grande anarchie en matière de tarification des redevances scolaires et une absence d’un statut spécial des cadres.

– Multiplicité des systèmes de la formation professionnelle et des secteurs intervenants à côté de l’absence de ponts réels entre la formation professionnelle et l’enseignement général (scolaire et universitaire) et de la précarité d’une planification qui prenne en compte les besoins du marché de l’emploi à l’échelon national et au niveau régional.

– Une proportion d’encadrement inégal entre les différents établissements universitaires, ce qui est non conforme aux dispositions constitutionnelles qui assurent le droit à une bonne formation à la disposition de tout le monde, ce qui n’est pas disponible dans le contexte actuel de la formation dans le domaine de l’enseignement supérieur.

– Une situation pédagogique instable, le Maroc ayant adopté au début de l’année universitaire 2003-2004 un nouveau système d’études, de matières et de filières qui a connu des changements techniques sans une véritable évaluation des années 2007, 2009 et 2014 et est soumis aujourd’hui au changement en érigeant le système du « Baccalaurios » (licence) qui augmentera la durée de formation de 3 à 4 ans.

– Absence d’une vision globaliste de réforme pédagogique en matière d’enseignement supérieur dans le cadre d’un statut qui ne motive pas les titulaires du doctorat pour exercer la fonction de professeur chercheur au moment où le collectif de l’encadrement et de la recherche connaît un vieillissement (au cours des quatre années prochaines – soit aux limites de 2025, 50% des professeurs chercheurs seront mis à la retraite.

– Une loi qui n’arrive pas à franchir le palier de la bonne gestion du système de l’enseignement supérieur au niveau des universités et des établissements avec la présence de structures ne parvenant pas à fournir une action efficiente. Le nombre des représentants dans quelques conseils d’universités atteint 90 membres en plus de la présence formelle de membres étrangers à la structure économique et sociale, contrairement à l’objectif fixé dans la loi.

– Absence d’une stratégie claire de la recherche scientifique au niveau des universités et des établissements qui leur sont affiliés. De ce fait, des recherches sont effectuées dans des laboratoires créés par des initiatives individuelles ou par des groupes limités. Et en dépit de la mise en œuvre en 2006 de systèmes pour l’organisation des équipes, des laboratoires et des centres de recherche ces systèmes ne parviennent pas, hélas, à atteindre le niveau préconisé en l’absence d’un réel financement et d’équipements complémentaires. Cela a conduit à la réalisation de la majorité des recherches scientifiques dans le cadre de la coopération avec les laboratoires étrangers

– Absence d’une véritable participation de la vie estudiantine dans le système général de l’enseignement supérieur alors que la loi 01/00 lui a réservé une rubrique entière en plus de la précarité des structures d’accompagnement, la faiblesse, de la couverture sociale de tous les étudiants et l’existence de réelles problématiques quant aux bourses et aux résidences universitaires.

III- Suggestions de l’USFP pour un système moderne juste et ouvert

1- Modernisation de l’enseignement élémentaire

– Harmonisation de l’appellation. Cette étape éducative doit être basée sur une vision renouvelée, unifiée, cohérente et moderne de l’enseignement élémentaire auprès de tous les intervenants contrairement à la qualification actuelle. Enseignement élémentaire, traditionnel, enseignement élémentaire moderne, enseignement élémentaire public.

– Lier l’enseignement élémentaire à l’enseignement primaire dans le cadre d’un enchaînement éducatif complémentaire tout en mettant en place une échelle standardisée s’appuyant sur une vision éducative à même de garantir l’excellence .

– Allouer des ressources financières suffisantes car le financement de l’enseignement élémentaire, c’est un investissement à haute rentabilité, personnelle, sociale, économique et non seulement une charge sociale.

– Le financement de l’enseignement élémentaire fait partie des responsabilités de l’Etat. Il est gratuit pour les ménages dans les établissements publics de même que lui est réservé un pourcentage suffisant du budget général de l’Etat, et ce afin de garantir l’égalité des chances, l’équité, du fait que cette étape constitue un investissement et le pilier de toute réforme.

– Accélérer le rythme de la généralisation de l’enseignement élémentaire à travers toutes les zones rurales qui souffrent d’insuffisances en la matière, le développer au niveau local et régional conformément aux nécessités de l’excellence, et ce en investissant comme suit :

– aménagement du temps éducatif et de la couverture périodique en fonction des conditions atmosphériques et de l’accessibilité géographique.

– Utilisation des espaces à même d’exercer ce modèle d’éducation – Une bonne habilitation des cadres exerçant cette fonction aux moyens qui conviennent aux conditions de ces zones et aux besoins des enfants.

– Conduire les collectivités locales à assumer leurs responsabilités pour une réelle promotion de l’enseignement élémentaire en le généralisant et en améliorant ses services.

– Mise en œuvre de mesures incitatives pour encourager l’enseignement élémentaire s’adressant aux enfants issus des couches sociales les plus vulnérables.

– Mise en place d’un système de formation dans le secteur de l’enseignement élémentaire basé sur les nécessités de l’éducation avant la scolarité et concentrer la formation sur les métiers et spécialités suivantes : l’éducation, la gestion, la direction, la supervision, l’encadrement, le contrôle, les consultations, la production scientifique et pédagogique.

– Elaboration d’un statut complémentaire incitatif aux métiers de l’enseignement élémentaire et adoption de la formation essentielle et continue en plus de la mise en place d’un système informatique pour la gestion administrative, financière et pédagogique en vue d’emmagasiner les expériences et coordonner les efforts des acteurs du domaine.

2- Le perfectionnement de l’enseignement scolaire public :

– Adoption de moyens et de procédés éducatifs convenables qui encourage le développement des aptitudes de l’enfant et ses suffisances d‘enseignement et d’apprentissage tout en œuvrant à l’ouverture personnelle et au développement de sa conscience sanitaire, sociale, culturelle, des valeurs écologiques.

– Accorder la priorité aux enseignantes et enseignants et à l’ensemble des éducateurs qui contribuent à l’opération d’apprentissage, et ce en améliorant leurs conditions matérielles et en enrichissant leurs connaissances et leurs expériences éducatives par le biais de formations ciblées et continues.

3- Une organisation plus efficace de l’enseignement scolaire privé.

– Elaboration d’un programme stratégique, ambitieux et participatif en vue d’une intégration plus efficace du secteur privé scolaire et formatif dans le dispositif général de l’éducation et la formation.

– Reconsidérer le partenariat entre le secteur public et le secteur privé dans le domaine de l’éducation et de la formation dans le but de développer des rapports plus engagés et plus équilibrés fondés sur l’accompagnement pédagogique et technique.

– Rehausser les capacités des ressources humaines en assurant au profit des cadres de l’enseignement privé une formation essentielle dans les centres régionaux des métiers d’instruction dans le cadre de partenariats régionaux entre les académies régionales et les associations professionnelles du secteur privé.

– Intégrer les établissements privés parmi les catégories bénéficiaires des programmes et sessions de formation continue qui devraient être développés par le secteur de l’éducation nationale au niveau national, régional et provincial.

– Mise en œuvre d’une « charte de l’instituteur » de l’enseignement privé afin de permettre aux cadres éducatifs et administratifs qui y travaillent de jouir d’une situation morale et matérielle cohérente et autonome.

– Offrir la possibilité aux établissements privés de bénéficier des services de contrôle pédagogique et d’orientation éducative, sur le même pied d’égalité que les établissements d’enseignement public.

– Révision du cadre juridique de l’enseignement privé et développement de ses dispositions par le biais d’un débat global et audacieux associant les associations professionnelles à même de préserver les intérêts des investisseurs.

4- Promotion de la formation professionnelle

Prise de nouvelles mesures visant à diversifier les filières de la formation professionnelle, consolider son action et son encadrement et garantir son excellence. Tout cela s’inscrit dans l’objectif d’absorption de la demande grandissante des catégories ciblées, d’une part, et de conformité avec les nécessités de la vie professionnelle et les exigences du marché de l’emploi, d’une autre.

– Innovation d’un système rationnelle de ponts et de passages entre les niveaux de la formation professionnelle et les cycles de l’enseignement secondaire et supérieur dans le but de consolider la position des établissements dans le sens de préparer les capacités techniques et professionnelles à la lumière des premières nécessités de l’économie nationale.

– Adoption d’une conception élargie de l’opération d’enseignement qui ne se imite pas à l’espace fermé de l’établissement de la formation mais tend à élargir les domaines de l’enseignement pour englober les activités possibles hors salle de classe, tout en orientant le système professionnel vers la réalisation d’une interaction positive avec le monde économique et social.

– Soutenir le partenariat avec les acteurs économiques et financiers afin d’assurer une plus grande ouverture du système d’enseignement sur son périmètre économique avec l’intégration du monde de la production dans la mise en place des programmes de la formation professionnelle et l’esquisse d’une carte régionale relative aux différents domaines de la formation professionnelle.

– Exercice de la réforme du système d’orientation à l’intérieur du système de la formation professionnelle à travers l’amélioration et la rationalisation des opérations d’orientation de manière à réaliser une sorte d’équilibre entre les filières selon les besoins sociétaux et à assurer une meilleure conformité avec les exigences du périmètre économique et social.

5- Promotion du système de l’enseignement supérieur :

– Concevoir que la réforme pédagogique en enseignement supérieur est intimement liée à la réforme éducative des différents cycles d’enseignement primaire, collégien et secondaire.

– adoption de l’évaluation continue de toute réforme éducative en cohésion avec les objectifs qui lui sont assignés car il est impérieux de fonder toute réforme sur cette évaluation en prenant en compte l’accumulation de la continuité dans le temps.

– se démarquer de l’approche « économiquienne » du fait que l’enseignement est un service public qui se croise avec tous les autres services sociaux de même que c’est un droit humain.

– nécessité d’implication de tous les concernés par toute perspective de réforme, y compris les enseignants, les administratifs, les étudiants et la société civile.

– mise en place d’une carte équitable de la distribution géographique relative aux établissements universitaires supérieurs et élargissement de leur couverture territoriale en totale conformité avec l’aménagement du territoire national et selon une conception prévisionnelle et une planification futuriste quant à la création des universités.

– création de ponts d’espaces universitaires partagés entre les différentes spécialisations et suppression des barrières séparant l’enseignement supérieur et les établissements supérieurs de la formation d’une part et les établissements de la formation technique à moyen et court terme, d’autre part.

– harmonisation des établissements de l’enseignement supérieur des espaces universitaires interdépendants où son abolies les barrières séparant les facultés et les instituts et écoles supérieures tout en instaurant des pôles de la recherche pluridisciplinaire dans le but d’asseoir l’interaction et la complémentarité entre les diverses connaissances et différents champs scientifiques.

– Révision des mécanismes adoptés quant au contrôle financier relatif aux établissements de l’enseignement supérieur à travers l’étude de la possibilité d’adoption d’un système de contrôle post-exercice des établissements universitaires, et ce pour garantir une meilleure souplesse et une plus grande efficacité tout en veillant à assurer la transparence nécessaire et le total respect des dispositions de la loi.

– Nécessité de trouver les potentialités matérielles et humaines à même de favoriser la réalisation des objectifs, particulièrement au niveau des proportions d’encadrement qui demeurent très élevées, la moyenne nationale (dans quelques cas 83 étudiants pour chaque professeur) étant bien loin de celle internationale, à savoir 15 étudiants pour chaque professeur.

– Diversifier l’offre des formations au sein des branches techniques, scientifiques et littéraires faisant prévaloir les filières et cursus professionnels, non seulement pour intégrer les lauréats dans le marché de l’emploi mais aussi pour faciliter leur intégration dans le tissu socioéconomique, se basant sur les troncs communs à l’intérieur et à l’extérieur des branches pour rationaliser les ressources (financières et humaines) et les adapter aux nécessités et contraintes avec le maintien forcé de la structure essentielle des spécialisations sous forme de filières principales menant à la recherche et au développement des connaissances.

– Nécessité de reconsidérer les voies et moyens de la gouvernance des établissements universitaires par le biais des nouvelles missions des dirigeants de ces établissements, gouvernance qui suppose l’existence de directions imprégnées de l’esprit d’initiative et de meilleure promotion s’appuyant sur des projets institutionnels innovants, une approche participative et une évaluation objective et autonome quant aux résultats et réalisations.

– Remise en question des voies de sélection et de désignation des présidents d’universités, des doyens et directeurs des établissements universitaires en fonction des critères de la compétence et de la compétitivité et des conditions de valorisation des postes de responsabilité, et ce en tenant compte de la démocratisation de ces choix via l’élection conformément à la logique constitutionnelle de lier la responsabilité à la comptabilisation.

– Rassembler les établissements de formation des cadres et les rattacher à des universités aux critères et paramètres uniformes et harmoniser les lois et règlements régissant les établissements de l’enseignement supérieur tout en établissant des ponts entre eux et la formation professionnelle dans le but de développer ce dernier et d’habiliter le secteur économique et social.

– Nécessité de l’évaluation continue des réalisations des responsables en charge de la gestion des établissements et universités en tenant compte de ce qui est inclu dans leurs projets.

– Remise en question de la constitution des conseils des établissements et universités. Distinguer également le conseil administratif du conseil académique dans la gestion de l’établissement. En outre, la représentation ne doit plus découler, comme c’est le cas actuellement, de la représentation catégorielle qui n’a plus aucune utilité. Il faudrait, par contre, réduire le nombre des représentants au sein de ces conseils, notamment au niveau du conseil administratif, pour n’en compter qu’un nombre très limité dont le rôle consiste en la mise en place des grandes stratégies de l’établissement et de l’université.

– L’incitation en vue d’encourager les chercheurs à accéder à la fonction de professeur chercheur par le biais de la récompense de l’excellence et la recherche scientifique, fondée sur l’état d’urgence suscité par la problématique du départ à la retraite d’un grand nombre de professeurs chercheurs. Cela se fera par l’ouverture sur les compétences étrangères ou marocaines travaillant à l’étranger, sous réserve, bien entendu, de rajout de postes budgétaires alloués à l’enseignement supérieur.

– Mise en place d’un nouveau statut qui puisse traiter des disfonctionnements que connaît le système actuel aux multiples accès, statut qui permettra l’accès à ce dispositif du cadre de maître de conférences ou de celui de professeur d’enseignement supérieur.

– Un système qui permet de soumettre le professeur chercheur à l’évaluation périodique.

– Mise en place d’un nouveau système de gestion administrative déconcentrée s’appuyant sur l’opération participative et fondateur de la participation du professeur, de l’administratif et de l’étudiant.

– Mise en œuvre d’un statut des administrateurs et des techniciens de laboratoires.

– Création d’un centre de formation et de formation continue au sein de chaque université dans le domaine de la pédagogie universitaire et des nouvelles technologies.

– Remise en question de la structure des établissements en charge de la formation des professeurs de l’éducation formation. S’établit, à ce propos, la coordination entre la formation en connaissance dispensée par l’université et la formation professionnelle dispensée par les établissements spécialisés (les centres régionaux des métiers d’éducation formation, le centre de la formation des inspecteurs de l’enseignement, le centre de l’orientation et de la planification éducative et les écoles supérieures des professeurs qui sont désormais affiliées à l’université).

– Rattachement de ces établissements à l’université – Inclusion dans le système « Licence –Master-Doctorat » (LMD) se rapportant spécialement à la formation des professeurs de l’éducation nationale

– Permettre à ces établissements d’exercer la recherche éducative à travers la création de structures dédiées à la formation et la recherche.